Bloc-notes · ce qui ne va pas

    Savoirs associés · S5.3

    Compter les pannes et leur coût : MTBF, MTTR, disponibilité

    Les trois nombres de la maintenance

    On note chaque panne dans l'historique de la machine. À la fin du mois, on compte.

    Nombre Formule Ce qu'il dit
    Temps de bon fonctionnement heures d'ouverture − heures d'arrêt combien de temps la machine a vraiment tourné
    MTBF temps de bon fonctionnement ÷ nombre de pannes le temps moyen entre deux pannes : plus il est grand, plus la machine est fiable
    MTTR heures d'arrêt dues aux pannes ÷ nombre de pannes la durée moyenne d'une réparation : plus elle est petite, plus on répare vite
    Disponibilité temps de bon fonctionnement ÷ heures d'ouverture × 100 le pourcentage du temps où la machine est prête

    Un exemple, pas à pas

    Le four tunnel d'une usine ouvre 160 heures en mars. Son historique :

    Date Ce qui s'est passé Arrêt
    3 mars la courroie patine 2 h
    11 mars le détecteur se dérègle 1 h
    18 mars le roulement est bloqué 4 h
    27 mars le détecteur se dérègle encore 1 h
    • Nombre de pannes : 4.
    • Heures d'arrêt : 2 + 1 + 4 + 1 = 8 h.
    • Temps de bon fonctionnement : 160 − 8 = 152 h.
    • MTTR = 8 ÷ 4 = 2 h.
    • MTBF = 152 ÷ 4 = 38 h.
    • Disponibilité = 152 ÷ 160 × 100 = 95 %.

    Ce que coûte un arrêt

    Un arrêt de machine coûte bien plus que la pièce cassée.

    • Les coûts directs : la pièce, et le temps du technicien.
    • Les coûts indirects, les plus lourds : la production perdue pendant l'arrêt, les clients livrés en retard, les ouvriers qui attendent.

    Dans l'usine inventée du jeu, une heure d'arrêt coûte 500 €. Une courroie à 200 € qui casse et arrête la ligne 6 heures coûte donc 6 × 500 + 200 = 3 200 €. La même courroie changée à l'avance pendant un arrêt d'une heure coûte 1 × 500 + 20 = 520 €.

    Un arrêt prévu coûte beaucoup moins qu'un arrêt subi : on choisit le moment, on a la pièce, et on n'arrête pas la production en plein travail.

    Quelle stratégie pour quelle panne ?

    La bonne stratégie dépend de la façon dont la machine tombe en panne.

    La panne… La bonne stratégie Pourquoi
    arrive à date régulière, sans prévenir (une courroie) systématique : on change tous les N mois on connaît la durée de vie, on change juste avant
    est précédée d'un signe qu'on mesure (vibrations qui montent) conditionnelle : on change quand la mesure le demande on ne change ni trop tôt (on gaspille) ni trop tard (ça casse)
    arrive au hasard sur une pièce bon marché corrective : on répare quand ça casse aucune date à viser, et une panne coûte peu

    Changer trop souvent, c'est payer des pièces et des arrêts pour rien. Ne jamais changer, c'est subir des pannes chères. Le coût total est le plus bas entre les deux : c'est pourquoi on le calcule.

    Pour s'entraîner en jouant : Biscotto, le jeu de la maintenance. Cinq années à la tête de la maintenance d'une usine : pannes, indicateurs, coûts, investissements.