Bloc-notes · ce qui ne va pas

    Savoirs associés · S2.3

    Le motoréducteur Compabloc : lire sa notice, vidanger, commander, démonter

    À quoi sert un motoréducteur

    Un moteur électrique tourne vite (1 400 tr/min ou plus) avec peu de couple. Une machine a souvent besoin de tourner plus lentement et avec plus de force : on place derrière le moteur un réducteur. L'ensemble, moteur et réducteur dans le même bloc, est un motoréducteur.

    Un réducteur est fait de pignons et de roues dentées qui s'engrènent. Le pignon (la petite roue) entraîne la roue (la grande) : l'arbre de sortie tourne plus lentement, avec plus de couple. La réduction est le rapport entre la vitesse du moteur et celle de la sortie (une réduction de 12,5 veut dire que la sortie tourne 12,5 fois plus lentement).

    Les Compabloc de Leroy-Somer sont à engrenages parallèles. Le chiffre de leur type donne le nombre d'étages : un Cb C3 a trois axes (un étage de plus qu'un Cb C2) : moteur, axe 2, axe 3, puis axe 4 = arbre lent, l'arbre de sortie.

    Les engrenages tournent dans l'huile, dans un carter fermé. Ils s'usent peu si l'huile est bonne et au bon niveau. D'où l'importance de la vidange.

    Lire la plaque signalétique

    La plaque du réducteur donne tout ce qu'il faut pour commander une pièce : sans ces cinq informations, le fournisseur ne peut pas répondre.

    N° Information Exemple
    1 Définition du réducteur Cb C2
    2 Type de fixation : S (à socle), BS ou BD (à bride) S
    3 Position de montage B3
    4 Réduction exacte 12,5
    5 Numéro de fabrication 460 618/12

    Elle porte aussi le lubrifiant à utiliser : « huile ISO VG 150 ».

    La position de montage dit comment le réducteur est posé : B3 (à plat, sur son socle), B6, B7, B8 (à plat dans d'autres sens), V1 à V6 (verticaux). Elle compte : elle décide où sont les bouchons de remplissage, de niveau et de vidange, et combien d'huile il faut.

    Lubrification : quand, combien, quelle huile

    • Les réducteurs sont livrés pleins d'huile, lubrifiés à l'huile ISO VG 150.
    • Première vidange : après 1 000 à 1 500 heures de marche. Les vidanges suivantes : toutes les 5 000 heures.
    • Avant la mise en route, on met en place le bouchon de remplissage avec trou d'évent et on contrôle le niveau.

    Quantité d'huile, en litres, selon le type et la position de montage (extrait pour les types B et C) :

    Type B3 – B5 B6 – B8 et B7 V1 – V5 V3 – V6
    Cb B2 – Cb B3 0,5 1,3 1,4 1,4
    Cb C2 – Cb C3 0,7 2 2,6 2,6

    La densité de l'huile est d'environ 0,9 kg/L : un litre d'huile pèse 0,9 kg, donc 2 L d'huile pèsent 1,8 kg.

    Que veut dire « ISO VG 150 » ? C'est la viscosité de l'huile : plus le nombre est grand, plus l'huile est épaisse. Chaque marque a son nom commercial (Omala 150, Carter EP 150, Mobil Gear 629…), mais le nombre 150 reste le même, et c'est lui qu'on cherche quand on commande. Les noms de marque de la notice peuvent avoir changé : on se fie à la viscosité.

    L'antidévireur (AD). Certains réducteurs ont un antidévireur : il laisse tourner la sortie dans un seul sens. Ils portent, côté arbre primaire, un autocollant jaune. Jamais d'huile « extrême pression » (EP) en contact avec un antidévireur : elle le ferait patiner.

    Expertiser l’huile vidangée

    L’huile qui sort raconte l’état du réducteur. On la regarde avant de la jeter, et on regarde l’aimant du bouchon de vidange (repère 332), qui retient les particules d’acier.

    Ce que tu vois Ce que ça veut dire
    Huile ambrée, claire, peu d’odeur normale
    Huile très foncée, odeur de brûlé elle a trop chauffé (surcharge, huile trop vieille, niveau trop bas)
    Huile laiteuse, trouble (comme du café au lait) de l’eau s’est mélangée (condensation, joint défectueux) : on cherche d’où elle vient
    Poudre fine, grise sur l’aimant usure normale des engrenages
    Paillettes, copeaux, éclats sur l’aimant usure anormale (dent, roulement abîmé) : on cherche avant de remonter

    Ce sont des repères d’atelier, pas des mesures. Dans le doute, on note ce qu’on voit et on appelle le professeur.

    Les pièces de première maintenance

    Le fabricant repère dans sa nomenclature les pièces à prévoir pour la première révision : les roulements et les joints. Ce sont les pièces qui s'usent.

    • Les roulements (repères 070 à 075) : leur référence dépend du type de réducteur. Pour la lire : savoir S1.2.1. Le suffixe RS veut dire une étanchéité par joint en caoutchouc d'un côté.
    • Le joint d'étanchéité (repère 165) : un joint à lèvres autour de l'arbre de sortie, qui empêche l'huile de sortir. Sa taille se donne par trois nombres : diamètre intérieur × diamètre extérieur × largeur, en millimètres (35 × 52 × 10 pour un Cb C3).

    Comment commander une pièce. On donne les cinq informations de la plaque, plus le repère et la désignation de la pièce relevés sur la nomenclature.

    Conseils de démontage

    Ceux du fabricant :

    • vidanger l'appareil, le rincer au white-spirit ou équivalent ;
    • désaccoupler le moteur ;
    • démonter avec des outils appropriés : arrache-moyeux, arrache-roulements, maillets en cuir ou en plastique, clés de dimensions adéquates, pinces à circlips, tournevis calibrés ;
    • ranger les pièces démontées en ordre, sur un endroit propre ;
    • nettoyer au grattoir les surfaces d'emboîtement qui assurent l'étanchéité ;
    • récupérer les joints toriques et contrôler leur qualité : ni coupure ni déchirure ;
    • remplacer systématiquement les joints à lèvres ;
    • récupérer toutes les pièces défectueuses en vue de la commande de pièces détachées.

    Conseils de remontage

    • Procéder dans l'ordre inverse du démontage.
    • Lubrifier légèrement les arbres et les cages de roulement avant montage.
    • Pour emboîter une roue dentée sur son arbre, ne pas frapper au marteau : la chauffer (plaque chauffante ou four) à 180 °C (+ 0, – 10) ; les roulements ouverts à 120 ° maximum, les roulements étanches à 90 ° maximum.
    • Les brides qui doivent être étanches sont enduites d'une mince couche de pâte à joints, résistante aux hydrocarbures.
    • Les vis et goujons se montent avec un adhésif polymérisant (type Loctite) en l'absence de rondelle.
    • Remplir d'huile jusqu'au niveau, remettre le bouchon de remplissage.
    • Faire tourner l'appareil à vide, seul, pour contrôle, avant la mise en service définitive.

    Poser un joint à lèvres

    Un joint à lèvres fuit presque toujours à cause de sa pose, pas du joint. Les gestes (la notice dit seulement de le remplacer systématiquement) :

    1. Nettoyer le logement. Regarder l’arbre à l’endroit où frotte la lèvre : une rayure ou un creux, et le joint neuf fuira vite.
    2. Graisser légèrement la lèvre et l’arbre.
    3. Le sens : la lèvre, côté ressort quand il y en a un, regarde vers l’huile, c’est-à-dire vers l’intérieur du réducteur.
    4. Protéger la lèvre de tout ce qui coupe en passant sur l’arbre : clavette, rainure, filetage. On recouvre d’un ruban adhésif, ou on utilise une douille de montage.
    5. Enfoncer droit, avec un tube d’appui qui touche le joint sur son bord extérieur, jusqu’à la butée. On ne frappe jamais sur la lèvre ni au centre du joint.

    Monter un roulement neuf à chaud

    La notice interdit de frapper : on chauffe la pièce qui se monte serrée, elle se dilate et se glisse sans effort.

    1. Vérifier la référence du roulement neuf avant de le chauffer.
    2. Chauffer à l’appareil à induction, en contrôlant la température au thermomètre infrarouge. Un roulement avec joint (RS) ne dépasse jamais 90 °C ; un roulement ouvert, 120 °C (savoir S1.2.1, § « Les trois règles d’or du montage »).
    3. Le saisir avec des gants anti-chaleur : il est brûlant, et il ne se touche pas à mains nues.
    4. L’emmancher tout de suite, en poussant sur la bague intérieure avec un tube d’appui, jusqu’à l’épaulement. Jamais à travers les billes.
    5. Le laisser refroidir sur l’arbre, puis le faire tourner à la main : il ne doit avoir ni point dur ni bruit.
    6. En fin de cycle, le démagnétiser.

    Personne portant un stimulateur cardiaque : on ne s’approche pas de l’appareil à induction.