Bloc-notes · ce qui ne va pas

    Savoirs associés · S4.9.3

    Façonner une pièce : tracer, scier, limer, percer

    Dans quel ordre

    Une pièce faite à la main suit presque toujours la même suite : on trace, on coupe, on perce, on finit. L’ordre n’est pas le fruit du hasard : on perce avant de découper à la cote finale, ou on perce avant de souder, parce que c’est plus facile de tenir et de mesurer une pièce encore entière.

    Tracer

    Avant de couper ou de percer, on dessine sur la pièce ce qu’on va y faire.

    Outil À quoi il sert
    Pointe à tracer Faire un trait fin, net, dans le métal
    Équerre Tracer à 90° d’un bord
    Règle ou réglet Reporter une longueur
    Compas à pointes Tracer un cercle ou reporter une cote
    Pointeau Marquer le centre d’un trou par un petit creux, où le foret se loge

    On vérifie avant de couper. Une cote lue à l’envers, un trait tracé du mauvais bord : c’est l’erreur la plus fréquente, et elle ne se rattrape pas. Un trait se contrôle toujours à la règle avant de couper.

    On trace en partant d’un même bord de référence pour toutes les cotes, plutôt que de cote en cote : les erreurs ne s’additionnent pas.

    Scier à la scie à métaux

    1. La pièce est serrée dans l’étau, le trait juste au-dessus des mors, pour qu’elle ne vibre pas.
    2. La lame, dents vers l’avant. On coupe en poussant.
    3. On appuie en avant, on relâche en revenant.
    4. Environ 50 à 60 allers-retours par minute, avec toute la longueur de la lame.
    5. On coupe du côté extérieur du trait : la lime reprendra le reste.
    6. On finit plus doucement : une pièce qui se détache d’un coup en fin de coupe peut arracher une dent.

    Quelle lame ? Il faut au moins trois dents en prise dans l’épaisseur de la pièce. Pour un plat de 5 mm, une lame à 24 dents au pouce (une dent par millimètre environ) convient. Pour du tube mince, plus fine encore.

    Limer et ébavurer

    La lime mord en poussant, pas en revenant. Une lime plate sert à dresser une face, à tomber à la cote et à casser les arêtes.

    • Pièce serrée dans l’étau, au niveau du coude.
    • Les deux mains : l’une sur le manche, l’autre sur le bout.
    • On pousse à plat, puis on soulève légèrement au retour.
    • On contrôle la planéité à la règle ou à l’équerre, par transparence.

    Ébavurer, c’est retirer la bavure laissée par le perçage ou le sciage : un petit bourrelet tranchant qui coupe les doigts et empêche deux pièces de se plaquer. On le fait à la lime, ou au foret plus gros à la main, sur les deux faces d’un trou.

    Percer

    Le montage

    • Pièce serrée dans un étau ou une bride : jamais tenue à la main. Un foret qui accroche fait tourner la pièce, qui peut couper ou casser un doigt.
    • Pointeau posé au centre du trou : sans lui, le foret glisse et se met à côté.
    • Pas de gants, pas de bague, pas de manches larges, cheveux attachés : tout ce qui peut être happé par la broche l’est.
    • Lunettes.

    Le foret et la vitesse

    Plus le foret est gros, plus il doit tourner lentement. Ce qui compte est la vitesse de coupe à son bord, en mètres par minute. Pour de l’acier doux avec un foret en acier rapide (HSS) : environ 25 m/min. De là :

    N = 1 000 × Vc ÷ (π × D), avec N en tr/min, Vc en m/min et D en mm.

    Pour un foret de Ø 5 : N ≈ 1 000 × 25 ÷ (3,14 × 5) ≈ 1 600 tr/min. Pour Ø 12 : environ 660 tr/min.

    Les gestes

    1. Régler la vitesse (poulies ou variateur).
    2. Présenter la pointe du foret dans le creux du pointeau.
    3. Descendre doucement, sans à-coup.
    4. Remonter souvent pour évacuer les copeaux sur un trou profond.
    5. Alléger la pression quand le foret va déboucher : c’est là qu’il accroche.
    6. Ébavurer les deux faces.

    Un foret se refroidit à l’huile, sur l’acier, pour qu’il ne chauffe pas. Un foret qui fume ou qui devient bleu est trop rapide ou trop poussé : il a perdu sa dureté.