Savoirs associés · S2.4
Les composants d’un circuit hydraulique
La règle qu’il faut avoir en tête
La pompe donne le débit, la charge donne la pression.
Une pompe ne « fabrique » pas de pression : elle pousse un certain nombre de litres par minute. Si l’huile s’écoule librement vers le réservoir, la pression reste presque nulle. Si elle rencontre un obstacle — un vérin en butée, une charge à soulever, un passage étroit — la pression monte jusqu’à ce que l’huile puisse passer quand même. Tout l’hydraulique tient dans cette phrase.
Conséquence directe : le débit commande la vitesse du récepteur, la pression commande l’effort.
Les cinq composants du circuit le plus simple
| Composant | Ce qu’il fait | Ce qu’on retient |
|---|---|---|
| Groupe motopompe | Le moteur électrique entraîne la pompe, qui aspire dans le réservoir et refoule dans le circuit | À cylindrée fixe, le débit est constant |
| Limiteur de pression | Il s’ouvre dès que la pression atteint son tarage et renvoie le débit au réservoir | C’est l’organe de sécurité : il est toujours là |
| Manomètre | Il mesure la pression du circuit, en bar | Faible en mouvement, égale au tarage en butée |
| Distributeur 4/3 | Il oriente l’huile vers l’une ou l’autre chambre du récepteur | 4 orifices (P, T, A, B), 3 positions |
| Vérin double effet | Il transforme pression et débit en force et mouvement | Il travaille dans les deux sens |
Reconnaître les symboles
Chaque composant a son symbole normalisé (ISO 1219). On les reconnaît à un détail :
| Composant | Comment le reconnaître |
|---|---|
| Groupe motopompe | Un cercle avec un triangle plein dont la pointe montre le sens de sortie de l'huile, relié à un second cercle marqué M (le moteur) |
| Limiteur de pression | Un carré avec une flèche, un ressort dessiné à côté et une ligne en pointillés : c'est la pression du circuit qui pilote l'ouverture |
| Manomètre | Un cercle avec une flèche oblique à l'intérieur, comme une aiguille |
| Distributeur 4/3 | Trois carrés côte à côte (les trois positions), avec les liaisons dessinées dans chaque case et un ressort de chaque côté qui le ramène au centre |
| Vérin double effet | Un rectangle (le cylindre) coupé par le piston, avec la tige qui sort d'un côté et deux raccords |
Lire un distributeur
Un 4/3 a 4 orifices et 3 positions :
- P : la pompe · T : le retour au réservoir · A et B : les deux chambres du récepteur.
- Chaque case du symbole montre les liaisons internes dans une position. Pour lire le symbole, imagine que la case vient se placer devant les quatre orifices, qui eux ne bougent pas.
- La position parallèle relie P à A et B à T ; la position croisé relie P à B et A à T ; entre les deux, la position centrale dépend du modèle.
Où passe l'huile dans chaque position
| Position du distributeur | Liaisons | La tige | Pression au manomètre | Où va l'huile qui revient |
|---|---|---|---|---|
| Repos (centre ouvert) | P, A et B vers T | libre, elle ne bouge pas | presque nulle (quelques bar) | Le débit de la pompe part directement au réservoir, par T |
| Parallèle | P vers A, B vers T | sort | faible : elle ne fait que vaincre la charge (dans l'animation, environ 18 bar) | De la chambre côté tige, par B puis T, vers le réservoir |
| Croisé | P vers B, A vers T | rentre | faible aussi | De la chambre côté fond, par A puis T, vers le réservoir |
| Tige en butée, commande maintenue | comme parallèle ou croisé | arrêtée | monte jusqu'au tarage du limiteur | Tout le débit de la pompe passe par le limiteur et revient au réservoir |
Dans les trois premières lignes, la pression n'est pas réglée : elle vaut ce qu'il faut pour pousser la charge. Elle n'atteint le tarage que quand l'huile n'a plus d'issue.
Le centre ouvert (P, A et B reliés à T) laisse la pompe débiter au réservoir sans pression : c’est reposant pour l’installation, mais le récepteur n’est pas maintenu en position. Le centre fermé bloque tout : le vérin est tenu, mais la pompe doit débiter ailleurs, sinon le limiteur déverse en permanence.
Le vérin double effet : deux vitesses, deux efforts
Côté fond, toute la surface du piston pousse. Côté tige, la tige occupe une partie de la place : la surface est plus petite.
- Le même débit remplit plus vite la petite chambre : la rentrée est plus rapide que la sortie. Sur un vérin 50 × 30, environ une fois et demie.
Pourquoi. La vitesse de la tige, c'est le débit divisé par la surface sur laquelle l'huile pousse : v = Q ÷ S. Plus la surface est petite, plus l'huile la « remplit » vite, donc plus la tige va vite.
Exemple sur un vérin 50 × 30, avec 10 L/min (soit 10 000 cm³/min) :
| Surface où pousse l'huile | Vitesse | |
|---|---|---|
| Sortie (huile côté fond, tout le piston) | 19,6 cm² | 10 000 ÷ 19,6 ≈ 510 cm/min, soit 8,5 cm/s |
| Rentrée (huile côté tige, piston moins la tige) | 12,6 cm² | 10 000 ÷ 12,6 ≈ 800 cm/min, soit 13 cm/s |
Sur la course de 350 mm du banc, cela fait environ 4 s à la sortie et 2,6 s à la rentrée. Pour se le rappeler : le côté où il y a la tige est le côté où il y a le moins de place, donc l'huile le remplit le plus vite.
- À l’inverse, la même pression sur une surface plus petite donne moins d’effort : le vérin pousse plus fort qu’il ne tire.
C’est pour cela qu’on monte presque toujours un vérin de façon à ce que l’effort utile se fasse à la sortie.
Dessiner le schéma d'un circuit
- On dessine le distributeur avec la case active en face des orifices : P, T, A et B restent en place, c'est la case qui se déplace. Pour faire rentrer la tige, c'est la case croisé (P vers B) qui est en face.
- Rouge : les conduites sous pression, de la pompe jusqu'au distributeur, au limiteur et au manomètre, puis jusqu'à la chambre alimentée du vérin.
- Bleu : les conduites à faible pression, le retour au réservoir par T et l'aspiration de la pompe.
- Chaque symbole porte le nom du composant à côté de lui.
L'animation « Le circuit du TP1 en fonctionnement » montre exactement ces couleurs, position par position.