Savoirs associés · S1.1.3
Maquette 3D et mise en plan
De la 3D au plan
Un logiciel de CAO comme SolidWorks permet de dessiner la pièce en 3D (la maquette numérique), puis d’en tirer automatiquement une mise en plan : un dessin 2D avec des vues et des cotes.
Le plan est un langage commun entre le bureau d’études, l’atelier et le contrôle. Celui qui fabrique ne devine rien : tout ce qu’il doit savoir est dessiné, coté ou écrit. C’est pourquoi ce langage est normalisé : un plan de Lyon se lit à Berlin ou à Osaka.
D’où vient le dessin en vues ? Gaspard Monge, fils d’un colporteur de Beaune, invente vers 1765, à l’école militaire de Mézières, la façon de représenter un objet par des projections sur des plans : la géométrie descriptive. Elle servait à tracer des fortifications sans les construire, et l’armée la garda secrète une trentaine d’années, jusqu’en 1795. Tous nos plans en descendent.
Les vues
| Vue | Ce qu’elle montre | À quoi elle sert |
|---|---|---|
| Vue de face | La pièce vue de face, en vraie grandeur | Porter l’essentiel des cotes |
| Vue de gauche | La pièce vue depuis sa gauche ; en méthode européenne elle se place à droite de la vue de face | Montrer une dimension invisible de face, par exemple l’épaisseur |
| Vue de dessus | La pièce vue d’en haut | Seulement si elle apporte une information |
| Vue isométrique | La pièce en perspective | Comprendre la forme d’un coup d’œil (on ne la cote pas) |
Où se place chaque vue
La vue de face se choisit d’abord : c’est le côté qui montre le plus de détails de la pièce, dans sa position de fonctionnement si on la connaît. Les autres vues se placent autour d’elle, selon la méthode européenne (aussi appelée « premier dièdre ») :
| Vue | Où elle se place, par rapport à la vue de face |
|---|---|
| Gauche | À droite |
| Droite | À gauche |
| Dessus | En dessous |
| Dessous | Au-dessus |
| Arrière | À l’extrémité, à droite de la vue de gauche |
C’est un peu surprenant au début : la vue de gauche est à droite. On se le rappelle ainsi : la pièce est entre l’œil et le plan où l’image se dessine, donc l’image de la gauche se pose du côté opposé.
Les plans américains (ou d’origine américaine) utilisent l’autre méthode, dite du « troisième dièdre » : la vue de gauche est à gauche, la vue de dessus au-dessus. Pour ne pas se tromper, le plan porte un symbole dans le cartouche : un tronc de cône vu de face et de gauche, dont les deux cercles sont à droite en méthode européenne.
Combien de vues dessiner ?
Le moins possible, pourvu que la pièce soit complète sans ambiguïté. Une pièce de révolution (un arbre, une bague) tient en une seule vue avec les cotes de diamètre. Une pièce prismatique demande souvent deux ou trois vues. On ne dessine jamais une vue qui n’apprend rien.
Les traits du dessin
| Trait | Aspect | Ce qu’il représente |
|---|---|---|
| Continu fort | ligne épaisse pleine | Les arêtes et contours vus |
| Interrompu fin | tirets courts | Les arêtes cachées (un trou vu de face, par exemple) |
| Mixte fin | tiret long, point, tiret long | Les axes et les centres des trous et des cylindres |
| Continu fin | ligne fine pleine | Les cotes, les lignes d’attache, les hachures |
Règles de cotation
- Chaque cote n’apparaît qu’une seule fois.
- On cote sur la vue où la forme est la plus lisible.
- On indique la tolérance générale (par exemple ISO 2768 cL). Voir Tolérances générales ISO 2768.
- Une cote ne se mesure pas sur le plan : on lit sa valeur écrite. L’échelle du dessin peut ne pas être 1:1.
Le cartouche
Le cartouche est le cadre, en bas à droite du plan, qui l’identifie. On y trouve :
| Case | Ce qu’on y lit |
|---|---|
| Désignation | Le nom de la pièce ou de l’ensemble |
| Numéro de plan | Pour le retrouver dans les archives et le commander |
| Échelle | 1:1 grandeur nature, 1:2 réduit de moitié, 2:1 agrandi |
| Matériau | Par exemple S235JR (voir Identifier un matériau à l’atelier) |
| Tolérance générale | Par exemple ISO 2768 mK |
| Unité | Les cotes sont en millimètres sauf indication contraire |
| Symbole de projection | Européenne ou américaine |
| Dessiné par, date, indice | Qui, quand, et à quelle révision : le plan change, l’atelier doit avoir le dernier |
Les formats de feuille
Un format A est le demi du précédent : on plie en deux, on tombe sur le format suivant. Le A0 mesure 1 m², le A4 (la feuille de classe) 210 × 297 mm. Tous ont le même rapport longueur / largeur, égal à √2, ce qui permet de les agrandir ou les réduire à la photocopieuse sans perdre de marge. Le système vient de l’Allemagne de 1922, la norme DIN 476, et il est devenu mondial.
La nomenclature
Quand le plan montre un ensemble (comme le réducteur SEW), chaque pièce est repérée par un numéro dans un rond, relié à la pièce par un trait de repère. La nomenclature est le tableau qui donne, pour chaque repère :
| Colonne | Contenu |
|---|---|
| Repère | Le numéro dans le rond |
| Nombre | Combien de pièces identiques |
| Désignation | Le nom : « Roulement à billes », « Vis H » |
| Matière ou référence | Matière, ou référence normalisée : 6308 Z · DIN 625, vis M10 × 25 · DIN 933 · 8.8 |
Les pièces normalisées (vis, roulements, circlips, joints) ne se redessinent pas : on les commande sur catalogue avec leur référence. Voir, dans le TP Réducteur SEW, la nomenclature complète d’un vrai réducteur.